De nombreux surnoms ont été donnés à ce joueur hors norme qui se distinguait par sa vitesse et ses débordements ravageurs sur le coté droit de l'attaque lavallois : la mobylette, la fusée, la flèche, l'express ou encore boy bandit, tant de qualificatifs pour décrire cette vedette du football africain des années 1980.
Né le 17 avril 1960 à Rufisque dans la banlieue de Dakar (Sénégal), Thierno Youm s’oriente d'abord vers une carrière de banquier « je passais mes moments de loisirs avec une bande de copains à jouer au football sur une esplanade caillouteuse. On s'amusait plus qu'on ne jouait vraiment quand un dirigeant de l’ASC Diaraf (première division du Sénégal) me propose de participer a de vrais entrainement, je me laissais emporter et jouais aussitôt en équipe fanion » se rappelle Youm. C'est en 1982 que cet attaquant connaîtra sa première consécration en remportant avec son club le doublé Coupe-Championnat, puis une nouvelle Coupe nationale l’année suivante. Ses brillantes prestations lui ouvrent les portes de l’équipe nationale du Sénégal et le font remarquer des recruteurs du Stade Lavallois.
A 24 ans, il rejoint Laval en 1984 pour une première saison difficile. En effet, malgré une vitesse impressionnante balle aux pieds et une très bonne technique, il découvre les défenses rugueuses du championnat français des années 1980 et un arbitrage peu propice aux attaquants rapides. Sa stature moyenne (1.80m et 73 kg) dans un football où le physique prenait souvent le pas sur la technique sera l'un des principaux freins à sa carrière. Il multipliera ainsi les blessures : fracture d'une pommette, pubalgie puis cheville douloureuse, un choc contre Toulon l'écarte des terrains pour plusieurs mois laissant le souvenir d'un joueur talentueux mais fragile. Pour cette première saison le prodige Sénégalais disputa quatorze matchs pour deux buts inscrits.
Lors de la saison 1985-1986, Youm est associé en attaque à l’Algérien Chérif Oudjani (14 buts) prêté par Lens. Bénéficiant de ce point d'encrage qui mobilise les défenses adverses, il fera parler sa pointe de vitesse et sa vivacité. Il participa activement à la 11e place de l'équipe mayennaise en disputant 26 matchs et en marquant 4 buts dont un doublé face au RC Strasbourg, un beau tandem qui sera pourtant disloqué. La saison d’après, Thierno formera un nouveau binôme avec le Nigérian Richard Owubokiri (10 buts) prêté par le FC Metz. Il connaîtra une saison pleine avec 33 matchs joués et 9 buts marqués avant de rejoindre les Canaris l’exercice d’après.
A Nantes en 1987, Miroslav Blazevic l’entraineur Yougoslavie disait qu’il était le plus doué de sa génération. Youm dont la technique prédisposait à devenir le meilleur africain en France sera vite marqué par deux opérations au genou. La fragilité du Sénégalais est inquiétante, heureusement Youm semble t-il retrouvé progressivement ses moyens, il tourne à une moyenne assez basse (5-6 buts par saison). L’émergence de Patrice Loko au début des années 90 lui donne pas mal de fil à retordre et il ronge son frein sur le banc l’espace d’une saison. Pour sa dernière année avec les canaris, Blazevic, l’associe à Loko dans un 4-4-2 qui fait merveille. Mais en proie à d’énormes difficultés financière, le FC Nantes doit vendre une bonne partie de son effectif. Thierno fait partie du contingent des joueurs qui doivent quitter le club: Thierry Bonalair part à Auxerre, Marcel Desailly et Jean-Jacques Eydelie à l’OM, Jorge Burruchaga à Valenciennes… Thierno part lui l’Espérance Tunis.
De retour sur le continent en 1992, Youm n’y restera qu’une saison le temps de s’adjuger le championnat national de Tunisie avec les Sang et Or. Le Sénégalais retourna en France où il signe à Avignon en division d’honneur. A 34 ans, il déboulonne définitivement les crampons et décide de rentrer dans son pays. Youm devient par la suite adjoint au maire de Rufisque, sa ville natale entre 95 et 2000, il y monta une école de football. « Les jeunes ont pour obligation d'être scolarisés. Ils peuvent y suivre une formation sur les métiers de la métallurgie, de l'électricité ou de la mécanique, l'objectif étant que l'enfant réussisse sa vie sociale » raconte Thierno Youm.



















